Hommage du PCF à Sam Krouck, docteur et militant communiste

Chère Jacqueline,

Chers Serge et Corinne,

Mesdames, Messieurs sa famille,

Chers camarades,

Il me revient l’honneur de prononcer l’hommage des communistes de Villejuif et du Val-de-Marne à celui qui fut l’un des leurs tout au long de sa vie. A l’annonce du décès de Sam, une onde de tristesse est venue envelopper les Villejuifois qui l’ont, pour beaucoup, connu.

Krouck est d’abord, pour de nombreux villejuifois, celui qui a soigné des générations entières de Villejuifoises et villejuifois.

Évidemment, dans une vie d’homme ou de femme, le médecin que l’ont dit de famille, compte plus que tout. Il accompagne nos maux, nos peurs, nos enfants,nos parents… il est de ce fait un intime.

Mais ce qu’il y a de singulier dans les premiers messages reçus immédiatement après  l’annonce, c’est la description d’un lien plus fort encore qui tenait à sa position non seulement de médecin mais à ses qualités humaines et militantes.

Je cite le message d’une patiente reçue : “Le docteur Krouck : le meilleur médecin de Villejuif qui alliait ses compétences médicales à une générosité naturelle.”

Plus loin, elle poursuit “on n’allait pas chez le médecin mais on allait voir Krouck car en plus d’être soigné on repartait le baume au cœur et optimiste.”

Sans aucun doute, cet homme bon, généreux, attentif tenait ses qualités humaines de son histoire personnelle, de sa culture familiale d’enfants nés de parents immigrés juifs polonais et russe travaillant à Paris, comme artisans devenus français. C’est son grand père paternel qui va ouvrir la voie du militantisme en France en se syndiquant à la fédération des Cuirs et peaux de la CGT. Les origines juives de l’est vont être l’objet d’une chasse à l’Homme avec les lois Vichystes sanctuarisant la collaboration de l’État français et du patronat avec l’ennemi Nazi.

Le petit Sam a 7 ans quand la famille doit porter l’étoile jaune, est déchu de la nationalité française et est condamné à fuir après qu’un policier ami fasse fuiter l’imminence de leur internement dans ce qui fut et reste la triste rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942 par la police française.

La fuite ne les empêchera pas d’être internés au camp de Douadic puis assigné à résidence jusqu’à la libération.

Je dirais donc que c’est tout naturellement que Sam, dès ses 18 ans, qui ne constituait pas à l’époque la majorité, décide de venir grossir les rangs du Parti communiste français. Il aura donc durant 66 ans renouvelé son adhésion témoignant ainsi une fidélité sans tache à sa conscience de classe acquise dans cette jeunesse éprouvée.

Elle se renforcera avec son enrôlement dans l’armée lors de la guerre d’Algérie alors qu’il finit tout juste ses études de médecin. Il y recevra les honneurs pour avoir organisé l’évacuation des soldats blessés. Démobilisé du contingent, il retournera bénévolement avec le secours populaire français pour construire l’Algérie nouvelle qui construit alors son indépendance chèrement acquise.

Le jeune homme s’est bâti.

Il est médecin, il est communiste, il est pacifiste, il est internationaliste. Tout cela est en parfaite harmonie.

Rentré en France, Sam s’installe à Villejuif. Louis Dolly, résistant est Maire et Marie-Claude Vaillant Couturier, déportée et témoin de Nuremberg en est la députée.

Son savoir, ses connaissances de médecin trouve à Villejuif l’occasion de servir sa cause dans une ville communiste profondément attachée aux politiques de justice et d’émancipation humaines pour lesquelles l’enjeu de la santé fait partie de son ADN.

Il participera à la vie municipale de toutes les façons possibles à travers la maison médicale qu’il crée avec Blanche et Louis Jacquot, au sein du conseil d’administration de l’Hôpital Paul Brousse, au sein du conseil municipal plus tard sous la direction de notre camarade Pierre-Yves Cosnier.

Sans oublié ceux au sein du secours populaire français, de l’ARAC et de France-Palestine.

En 1997, Sam ressent la fatigue.

Il passe la main comme on dit. Quoique pas tout à fait…

Il continuera d’apporter aide et expertise aux services sociaux de la commune de Vitry-sur-Seine avant de raccrocher les gants de médecin qu’il était. Le militant va continuer à lire son humanité, à manifester dès qu’il le peut et à encourager les camarades de sa section de Villejuif.

Je terminerai par les mots de cette autre patiente “A son départ à la retraite, personne ne l’a remplacé dans notre affection car personne n’a égalé son titre de médecin des familles. Nous l’aimions.”

Voilà ce qui résume bien pour toutes et tous ce que nous ressentions pour Sam.

A sa famille,

A ses camarades du syndicat des médecins,

A ses camarades de combat,

A ses camarades du parti communiste français

Nous adressons les salutations fraternelles et témoignons de l’honneur qui nous fut offert de côtoyer l’homme, le médecin, le militant de la grande cause humaine.

Adieu Sam.

 

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