17 OCTOBRE 1961 : Hommage de Jean-Pierre Coulaudon, au nom de la section du PCF

On a du mal à imaginer aujourd’hui ce que furent ces années de la guerre d’Algérie, ces années de lutte farouche du peuple algérien et de ses dirigeants, mais aussi de résistance au système colonial impérialiste français allant jusqu’à la barbarie. On a du mal a imaginer ces gouvernements tour à tour centristes, gaullistes, socialistes et qui ont nié l’aspiration du peuple algérien à l’indépendance et qui n’ont su y faire face que par la répression. On a du mal surtout parce que les gouvernements successifs redoutent de faire entrer cette période dans le « roman national » qu’ils veulent réécrire. C’est pour cela surtout que les instants  comme celui que nous vivons là tout de suite sont importants.

C’est dans un contexte de tensions et de violences que se prépare la manifestation du 17 octobre 61, mouvement de révolte pour la dignité des algériens de métropole qui refusent la chasse au faciès et un statut de citoyen de seconde zone.

L’OAS organisation fasciste vient de se créer, alors que les négociations se poursuivent avec le gouvernement provisoire de la république algérienne et que  le front hostile à la guerre s’élargit au rythme des manifestations.

« Ce matin là, H. Malberg dirigeant parisien  du PCF et  disparu il y a peu, témoigne : ce matin là , on ne savait pas que 20 000 algériens, souvent en famille avec les enfants endimanchés défileraient sur Paris à l’appel du FLN : la manif était clandestine.

Avec le recul un regret me vint : peut-être qu’un rassemblement commun entre le peuple français et le peuple algérien contre le couvre-feu aurait fini autrement. Mais on ne réécrit pas l’histoire. Le 17 octobre est un massacre des innocents, le massacre des travailleurs algériens, dans leur masse des ouvriers accourus des banlieues et des quartiers populaires de Paris. »

Nous sommes en 61. La guerre dure depuis 7 ans, il y a quatre ans que Maurice Audin, jeune communiste algérien et mathématicien  a été torturé et assassiné. Prés de soixante ans seront nécessaires pour que la République reconnaisse enfin  son crime.

Il  y a quatre ans aussi que le général  Aussaresses a assassiné Larbi Ben Mhidi chef du FNL de la bataille d’Alger. Et aujourd’hui on censure un film sur son histoire parce qu’il gène dans le « récit national «  algérien cette fois.

Pour le massacre du 17 octobre il aura fallu attendre 2012 pour qu’un président de la République reconnaisse les crimes. Reconnaissance certes mais sans repentance. C’est le crime d’Etat qui doit être reconnu.

Le 17 octobre c’est un moment de cette année de basculement vers la fin de la guerre, quatre mois avant Charonne, de nouveau le drame suivi à quelques jours par le mouvement populaire irrésistible lors de l’enterrement des victimes qui donnera la force nécessaire  à la paix pour l’emporter un mois plus tard en mars.

C’est l’intervention populaire qui l’a donc permise. C’est la même qui permettra aujourd’hui que toutes les vérités soient dites et que l’histoire ne soit pas réécrite. Les communistes de Villejuif veulent contribuer à ce combat.

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