A propos de la vente des serres municipales

A propos de la vente des serres municipales

Au Conseil Municipal du 29 mai, fort opportunément avancé puisque initialement prévu le 9 juin, il était demandé de se prononcer sur le déclassement par anticipation du domaine communal et la vente un terrain de 1978 m², constructible situé en zone UE au PLU.

Tout d’abord la zone UE est définie comme : « une zone principalement dédiée aux tissus commerciaux et artisanaux ainsi qu’aux services publics et d’intérêt collectif notamment les grands établissements hospitaliers. » L’aliénation proposée stipule un objet bien éloigné de ce qui figure comme destination principale au PLU puisqu’il s’agit de le vendre au Diocèse de Créteil pour l’édification d’un lycée confessionnel pour 300 élèves.

Ce terrain communal est encore occupé par des salariés de la ville. Mais qu’importe…

Ce terrain communal jouxte le cimetière dont il aurait pu permettre une extension pouvant à terme s’avérer nécessaire compte tenu de l’augmentation de la population Villejuifoise. Mais le Maire a-t-il seulement pensé à faire mener une étude sur son éventuelle saturation ? En tout cas il n’a pas daigné apporter une réponse à cette question que nous lui avons posée.

N’y aurait –il pas lieu  d’envisager la présence de services publics dans ce quartier qui en est cruellement dépourvu et qui s’apprête à accueillir de nombreux habitants, salariés et étudiants dans le projet Campus Grand Parc ? Ce n’est visiblement pas une préoccupation de cette majorité.

Ce qui est demandé c’est son déclassement et sa vente pure et simple. Encore un bien communal, patrimoine de tous les Villejuifois qu’il est proposé de brader car tel est bien le cas.

Jugez-en par vous-même. Lors du conseil du 20 février dernier la ville acquière un délaissé de voirie de 39 m2 pour le parvis de l’école des Réservoirs au prix de 92 052 euros, soit 2360 euros du m2. Alors que nous demandions son retrait , qui ne compromettait nullement l’avancée du chantier de cette école, pour en renégocier le montant scandaleusement élevé, la réponse de cette majorité a fusé : « mais c’est le prix du marché ! » et …le marché c’est sacré.

Il faut sans doute croire qu’en 3 mois s’est opéré sur Villejuif un spectaculaire retournement du marché  car le Maire propose de vendre ce terrain de 1978 m2, constructible et situé à moins de 500 mètres de la future station de métro Institut Gustave Roussy, interconnexion des lignes 14 et 15 du Grand Paris Express pour 1 Million d’euros soit 505 euros le m2. A moins que ne se cachent d’autres raisons bien moins avouables…

Si nous vendions ce terrain au même prix que celui acheté pour notre école publique alors nous pourrions en escompter 4 millions 680 000 euros. On est loin du compte, il manque plus de 3miliions 500 000 . En admettant que les coûts de démolitions du bâti existant sont à la charge de l’acquéreur (ils pourraient en étant très large se chiffrer à 500 000 euros) il manque encore près de 3 millions200 000.

Si on le vendait dans la fourchette des prix moyens des transactions réalisées sur notre ville qui se situent entre 1800 et 2200 euros du m2 on serait en droit d’en attendre de 3millions 5OO OOO à 4millions d’euros.

Dans tous les cas de figure on peut donc affirmer qu’il y a spoliation des Villejuifois. Quand on achète, c’est au prix fort et quand on vend c’est le plus bas possible semble être en matière d’école la philosophie de notre Maire.

Notre pays est un pays laïque et si la ville doit respecter toutes les confessions et religions elle a le devoir également de neutralité  en matière d’urbanisme et surtout de totale étanchéité entre les comptes publics et ceux des corps confessionnels.

Or, en aliénant au diocèse un terrain à un coût très anormalement éloigné des prix pratiqués sur la commune –en l’occurrence 3à 4 fois inférieur- on peut parler d’un subventionnement déguisé au Diocèse de 2 à 3 millions d’euros CE QUI EST STRICTEMENT INTERDIT PAR LA LOI.

Le maire a bien entendu refusé de retirer ces délibérations comme nous le demandions afin de lancer des études sur la saturation du cimetière et le besoin en service public sur ce secteur ouest de la ville, et de relancer une éventuelle procédure de vente avec mise en concurrence et fixation d’un prix minimum pour une transaction qui soit conforme à la définition du zonage du PLU.

Pire, pressé d’en finir il a clos le scrutin avant que l’ensemble des élus n’aient eu le temps de se prononcer via le fameux boitier électronique.

 

 

Claudine Cordillot,  élue communiste-front de gauche au Conseil municipal

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