Assemblée populaire et citoyenne organisée par les communistes de Villejuif le 15 février 2019 (le compte-rendu)

Le Grand débat national est un débat confisqué, qui ne permet pas de mettre toutes les questions sur la table, par exemple celles des salaires ou de l’ISF. Cette assemblée vise donc à ce que chacun·e puisse faire ses propositions de manière libre et démocratique.

Elle s’organise en deux temps : un premier temps consacré aux expériences et aux témoignages, un second temps consacré aux propositions.

Pour que tout le monde puisse parler, les interventions doivent être relativement courtes, de 3 minutes environ, pour que les professionel·les de la parole et les autres puissent être au même niveau.

1er temps : expériences, témoignages

1er intervenant : retraité depuis 5 ans. Etait fonctionnaire, mais a perdu beaucoup de revenus, et chaque année baisse de son pouvoir d’achat, chaque mois en difficulté. En 2017, concerné par la CSG à 1,7%, rend la situation encore plus difficile. Quand il fait ses courses, s’aperçoit que son pouvoir d’achat continue à baisser. Problèmes énormes, ne sait plus comment s’en sortir.

2ème intervenant : Fonctionnaire, donc ennemi politique désigné d’Emmanuel Macron. Travaille dans un lycée qui est en grande mobilisation depuis plusieurs jours voire semaines. Attaques en ce moment sur l’enseignement : réforme Blanquer du lycée. Après Parcoursup, réforme du lycée arrive : baisse drastique de moyens, taux d’encadrement qui baisse, on nous explique qu’on peut faire mieux avec moins, ce qui n’est pas vrai. On doit prendre en charge des groupes d’êtres humains, qui sont parfois en difficulté scolaire. Il essaie de vendre sa soupe élitiste et arriérée en expliquant que des élèves vont pouvoir choisir leur option, mais c’est une illusion : place dans chaque option limitée, donc il va y avoir une sélection. Dans certaines disciplines, programmes volontairement difficiles pour dissuader certains élèves d’y aller.

3ème intervenante: travaille aussi dans un lycée mais pas fonctionnaire, essaie d’avoir les concours mais ne les a pas encore donc est beaucoup moins payée. On a envie de bien faire son travail et d’avoir les moyens de bien le faire. Le problème est qu’on n’a pas le temps de parler à chaque élève, de leur apporter un soutien personnalisé. Donc ce sont les inégalités sociales qui décident du sort de chaque élève, c’est révoltant. Evoque une élève qui lui a dit qu’elle avait l’impression de ne pas y arriver du tout, malgré son travail, et c’est difficile de l’aider avec les moyens actuels. En plus, on est culpabilisé de ne pas pouvoir bien faire alors qu’on n’en a simplement pas les moyens.

4ème intervenante : est cadre dans la fonction publique d’Etat. Veut parler des services publics : le gouvernement a le projet de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique. Parmi les revendications des Gilets jaunes, il y a la revendication de plus de services publics. Or comment va-t-on faire plus de services publics avec moins de fonctionnaires ? Volonté de réduire le statut ou de le faire disparaître en généralisant les contrats. Le statut de fonctionnaire, mis en place dans les années 1980, fonctionne sur le principe de la neutralité qui nous protège vis-à-vis des changements d’élu·es. Le problème, c’est que si on devient tous contractuel·les, on sera de plus en plus à la merci du clientélisme. C’est grave car notre statut permettait la continuité de ce service public, quel·les que soient ceux ou celles qui avaient le pouvoir de décision. Le service public doit être défendu par les fonctionnaires mais aussi par toute la population. Dans les provinces : manque d’hôpitaux, de maternités, de services de la poste, etc. Il faut refuser l’idée qu’on aurait trop de services publics par rapport aux autres pays, refuser le nivellement par le bas, car c’est une richesse qui nous est enviée par les autres.

5ème intervenant : vit en logement social, et constate que la difficulté à boucler les fins de mois est énorme chez ses voisin·es. De plus en plus de gens ont du mal à manger normalement, à avoir des activités sportives ou culturelles. Dans sa cité de l’OPH, la moitié des logements sont occupés par des gens qui vivent du RSA. Situation dramatique, et c’est le cas dans quasi toutes les cités de l’OPH, ainsi que dans les cités des bailleurs privés (Batigère, etc). Dans ce contexte, le président de l’office HLM a eu une idée farfelue : faire payer la sécurité des habitant·es, c’est-à-dire la mise en place de vigiles, par les habitant·es eux-mêmes, à hauteur de 15 euros par mois en plus de charges. Réaction des habitants ne s’est pas fait attendre : refus massif. Dans les OPH, il faut un vote pour modifier le niveau des charges, et la réponse a été à 83% contre. Quand il y a une injustice, il faut dénoncer et mettre en mouvement les gens, les faire réagir, les faire prendre en main leurs affaires. Autre chose qui va avoir un impact sur la vie des locataires : projet d’une cession de l’OPH à la caisse des dépôts et consignations. A partir de là, quand il s’agit de gérer les logements, ce sont les règles du privé, et non plus un service public. Il faut qu’on mette en place des propositions contre ça. Et la préparation de cette cession à la CDC se fait dans le plus grand secret, au niveau de la mairie. A l’OPH, il n’y a pas eu de débat. Lui qui est au CA de l’OPH, a vu que malgré 3 ou 4 demandes, il n’y a pas eu de débat obtenu sur cette question.

6ème intervenant : grand mouvement qui a eu lieu pose la question de la citoyenneté, de l’expression directe de la citoyenneté. Le président a voulu répondre par un grand débat national. Ils l’ont dit à la télé, on va dans une mairie, on remplit un questionnaire, et cela va remonter. En fait, il est allé à la mairie, et il n’y avait rien. Il fallait aller sur un site internet. La manière dont ça fonctionne : on doit décrire de manière très courte le problème qu’on a et ce qu’on propose pour le régler. Impossible de bien développer ses idées. Surtout, ce qui pose un vrai problème en termes de démocratie : les Français·es ont besoin de débat, mais ils et elles ont surtout besoin de savoir que cela sera pris en compte. Or il n’y a aucune procédure mise en place visiblement pour que cela soit mis en application. Il a des souvenirs politiques, par exemple à Nuit Debout, de réunions des gens pour discuter. Le problème est, à quoi cela aboutit finalement ? Son sentiment, c’est que les formes d’organisation tels que syndicats, partis politiques, sont des choses dont on ne peut pas se passer. Les gens sont dans l’illusion que cela ne doit pas passer par des formes organisées, qu’il faut être dans la spontanéité, mais est inquiet car les Français·es vont encore être déçu·es.

7ème intervenant : professeur d’économie en lycée. Affirme la nécessité de subvertir le débat, car plein de questions y sont interdites. Dans son boulotont été mises en place des concertations, mais c’est du foutage de gueule. C’est juste une opération de communication de Macron, pas un vrai débat. Sur les gilets jaunes, ce qu’il retient : le thème de la fiscalité est discuté, en termes de justice. Il y a deux poids deux mesures: la TVA et les impôts qui pèsent sur les plus pauvres d’un côté, la suppression de l’ISF qui bénéficie aux plus riches de l’autre. La question d’une justice fiscale de classe est frontalement posée. De même pour l’évasion fiscale : ceux et celles qui peuvent se payer des avocats fiscalistes peuvent échapper à la fiscalité, les autres non. Sur les conditions de travail et le pouvoir d’achat : ce qui est bien avec les gilets jaunes, c’est que les gens en ont parlé de leur vécu alors qu’on n’avait pas vu ça depuis très longtemps dans les médias. Ce sont des gens qui sont dans la misère et en parlent dans les médias. Les questions de services publics sont évoquées aussi : les Français·es sont pour le service public. Ce qu’il faut faire : faire notre propre grand débat. On ne nous propose qu’une alternative : baisser les impôts ou supprimer des services publics, ce qui est complètement biaisé. Le grand débat, c’est nous qui le construisons ici ce soir.

8ème intervenant : partage une grande partie de ce qui vient d’être dit. L’action spontanée est aussi le reflet de l’organisation de la gauche, ce qui est positif. Mais le problème est : comment la déception que prépare Macron à tou·tes ceux et celles qui ont revendiqué va-t-il se manifester ? Se réfère à mai 68 : on est passé de 9 millions de grévistes à une Assemblée nationale élue ensuite très à droite. Comment proposer à ceux et celles qui sont en difficulté les moyens de développer leur action, d’être entendu·es ? A Villejuif et ailleurs, on a perdu du terrain. Pourquoi ? Parce que la population a changé, parce que la notion de lutte des classes n’est plus comprise par les gens. Alors que c’est bien de ça qu’il s’agit.

9ème intervenante : dans la suite de ce qu’a dit le 7ème intervenant sur le mouvement des gilets jaunes. A participé à un débat dans une petit ville et a été remplir dans un village les cahiers de doléances. Ce qui l’a frappée, c’est de voir des gens qui prennent la parole et disent des tas de choses qu’on porte nous : utilisation de l’argent, ISF, CICE, financer l’emploi et pas les actionnaires, qu’on veut du service public et décider ce dont on a besoin. Dans le débat, il y avait des femmes qui étaient là. Des mecs disaient, on va continuer 1 an ou 2 comme ça s’il le faut. Les femmes ont dit : oui, on le fera ! Grande place des femmes dans ce mouvement, qui croulent sous les difficultés, parfois chefs de familles monoparentales, et trouvent un espace pour s’exprimer dans ce mouvement. Tou·tes ceux et celles qui ont 2 ou 3 boulots, doivent faire des kilomètres tous les jours en transports ou en bagnole, avec des horaires décalés : difficile de trouver des formes de lutte. Donc ce mouvement montre que le peuple a du ressort. Mais ce qui l’intéresse, c’est de voir ce qui va en déboucher.

10ème intervenant : militant pacifiste. Une chose qu’il regrette dans ce mouvement des gilets jaunes : on n’a pas pu faire passer l’idée qu’il faut réduire les dépenses militaires. Il y a de quoi faire, reprendre beaucoup d’argent et l’utiliser à autre chose quand, à l’initiative de l’ONU, les armes nucléaires seront bientôt illégales. Le mouvement de la paix propose d’aller sur Internet, dans les pages du grand débat, sur la fiscalité pour parler de tout ça. On peut aussi intervenir sur le sujet de l’environnement, de la transition écologique. Mais aussi de la démocratie : la défense de la France décidée par un seul homme, c’est un problème. Si cela remonte assez, on espère que cela sera aussi dans les débats des européennes. Invite chacun à éditer plein de propositions.

11ème intervenant : ce qui lui paraît intéressant dans ce mouvement : cela fait des années qu’on nous explique qu’il n’y a pas d’argent, qu’on ne peut pas augmenter les salaires sans détruire la compétitivité et donc l’emploi, qu’on ne peut pas faire autrement. Mais, quand on peut mettre 500 milliards d’euros pour sauver les banques, il y a de l’argent, qu’on peut mettre dans les services publics, dans les salaires, et c’est ça qui est important. Combien de grandes boîtes en France ne paient pas d’impôts ? Campagne sur le coût du capital : ce n’est pas le travail qui coûte, c’est le capital. On peut arriver à inverser la tendance.

12ème intervenant : Souligne le moment dans lequel nous sommes, pourquoi la colère explose aujourd’hui. Cela fait des dizaines d’années que les conditions de vie du plus grand nombre se dégradent au profit des plus riches, d’une classe sociale qui s’en met plein les poches, les actionnaires, les multinationales, ceux qui possèdent les moyens de production, avec un président de la République qui en est le symbole : banquier d’affaires, il a une vision du pays, du travail, de l’emploi qui n’est que libérale. Tout doit être utile pour faire de l’argent, alors que l’argent n’est pas un objectif, il en faut uniquement pour vivre dignement. Il est formateur, a un bac +5 en didactique du FLE, a commencé à travailler pour 1 100 euros, est allé jusqu’à 1600, et c’est le cas de beaucoup de gens, qui sont sous-payé·es alors qu’ils et elles sont formé·es. La loi Pacte va encore privatiser des entreprises, notamment la Française des jeux : quel intérêt pour le pays ? Un seul intérêt : engraisser les actionnaires de Vinci qui va racheter l’entreprise. Même scandale avec les autoroutes : cela n’avait aucun sens économique de les privatiser, et pourtant ils le font. Dans ce moment-là, il faut une union sur des objectifs précis pour faire reculer ce gouvernement. Il a déjà reculé, comme le maire de Villejuif sur la fusion de la maternelle et de l’élémentaire Paul-Vaillant-Couturier. C’est quand il y a une mobilisation importante qu’ils reculent.

13ème intervenant : travaille sur les questions de logement social. Loi ELAN : casse tous les outils du service public et le logement social, tout cela avec un gouvernement qui tient cette ligne, de manière obstinée. Aujourd’hui, le monde du bâtiment, les emplois du BTP, la construction de logement social sont en train de se casser la figure, mais le gouvernement continue. Loi ELAN s’appuie sur une stratégie de communication de la part du gouvernement. Mise en place avec le Sénat du “débat de consensus” : un certain nombre de débats organisés, 2 000 professionnel·les intervenu·es sur la question, donc justifient comme cela les mesures fortement contestées de la loi ELAN adoptée ensuite. On n’est pas à l’abri d’avoir cette même récupération avec le grand débat. Question posée : on organise un grand débat, on fait parler les gens, et ensuite les cahiers devraient se fermer et ce serait fini. Réfléchir aux institutions c’est inventer un débat permanent entre les lieux de pouvoir et le peuple contrairement au gouvernement qui prévoit, par exemple après le grand débat, de réduire le nombre de député·es. Nous avons raison, malgré les risques d’instrumentalisation, de participer au grand débat mais il faut passer de l’expression du vécu des gens aux mesures et construire les moyens de l’action.

14ème intervenante : conseillère départementale. L’avantage qu’a eu le mouvement des gilets jaunes : faire parler une frange de la population de leur situation, qu’on n’entendait pas jusqu’à présent. Pierre et elle qui font beaucoup de permanences, voient que les gens qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois, c’est beaucoup de monde, alors que ce sont des gens qui travaillent. Aujourd’hui, travailler 35 heures n’empêche pas la précarité. Quand on revendique l’augmentation du SMIC : on revendique le droit de vivre correctement en travaillant 35 heures, car ce n’est plus le cas aujourd’hui. A cela, Macron a répondu, on a augmenté le SMIC. Sauf qu’il n’a fait que mettre en place une aide, avec exonération des cotisations sociales, qui vont manquer au moment de leur retraite : ne remédie pas, au contraire, à leur précarité. Lettre qu’il nous a envoyée qui met en balance baisse des impôts ou sacrifice de services publics. Il ne veut pas mettre sur la table des sujets comme l’ISF, qui nous sont présentés comme du symboliques. Alors que cri d’alerte des associations : avec l’ISF, les riches qui cherchaient des moyens de défiscalisation donnaient aux associations ! Effet retors. L’ISF, le CICE ne sont pas que des symboles, c’est une logique à contester. Avec cet argent, on pourrait compenser le manque de fonctionnaires dans l’éducation ou les hôpitaux. Les gens veulent pouvoir vivre décemment de leur travail, pas de ridicules compensations.

15ème intervenant : services publics délaissés dans les campagnes depuis des décennies, on ferme les gares, les lignes de transport. Alors qu’on nous parle d’écologie, les gens n’ont pas d’autres moyens que de conduire en voiture. Problème aussi du manque de stations services. Problème des bureaux de poste : on en a perdu énormément. Maternités : moitié ont fermé en 25 ans. Autre point important : lutte contre l’extrême-droite et le fascisme. Actes antisémites augmentent. Aujourd’hui, l’Action française est venue à Tolbiac essayer d’attaquer des étudiant ·es.

2e temps : les propositions

1er intervenant : rupture avec les politiques libérales, en définissant bien les termes. Libéralisme : philosophie qui a toujours été élitiste. Au 18e siècle, deux camps : camp libéral et camp radical, les premiers parlaient de suffrage censitaire et les seconds de suffrage universel. On comprend bien ainsi la politique actuelle. Ce que veut le gouvernement, c’est une élite qui pense que pour faire fonctionner la société, c’est le mérite qui doit être le principe. 14 milliards d’argent public vont à l’école privée au moment où l’école publique souffre. Une proposition concrète : changer les textes du Code de l’éducation pour que la totalité des financements publics pour l’éducation aillent à l’enseignement public. Actions à mener : contre le CICE, mais aussi contre le CIR (crédit d’impôt recherche), qui consiste à exonérer d’impôts des entreprises pour qu’elles fassent de la recherche-développement, alors que ces entreprises, comme Sanofi, virent des chercheur·es. L’évasion fiscale représente 60 à 80 milliards par an au moins, c’est énorme. Cela demande de mettre au clair qui sont nos adversaires politiques : le libéralisme n’en a rien à faire que vos enfants ne soient pas éduqué·es si vous manquez de moyens.

2ème intervenante : on a mis sur une feuille les propositions des communistes, en rapport avec les revendications des gilets jaunes. Intervention sur le sujet de la justice fiscale : rétablissement de l’ISF, baisse de la TVA, baisser les taxes sur les carburants, baisser la CSG, construire un impôt beaucoup plus progressif, supprimer le CICE et affecter l’argent aux PME, TPE qui augmentent les salaires, favorisent l’emploi et les qualifications professionnelles. Proposition de loi a été faite par les parlementaires communistes pour prélever à la source les impôts sur les multinationales. Créer un pôle public bancaire. Il faut des entreprises en France, qu’elles puissent se développer, à condition qu’elles augmentent réellement les salaires et les qualifications.

3ème intervenant : politique nationale de réindustrialisation. Deux exemples que ce n’est malheureusement pas dans l’air du temps : abandon du A380 d’airbus et projet de réduire les gares SNCF TGV. Pense que spontanément par le marché, les régions désertifiées en France ne vont pas être concernées par des créations d’emplois. Le marché ne cherche pas à réduire les inégalités territoriales. Il faut une politique d’ensemble, une politique de grands travaux. Importance des transports par exemple : le Grand Paris, à partir du moment où on ne transforme pas toutes les gares en vastes zones commerciales.

4ème intervenant : sur la démocratie. Attaques aux personnes : état de la santé en général montre que c’est un impérialisme lancé contre tout ce qui est social dans l’être humain. On est dans une période de pouvoir personnel et on ne le dénonce pas suffisamment. Les gilets jaunes portent nombre de nos revendications. Notre programme correspond à leurs besoins, comment allons-nous le leur proposer et faire en sorte qu’ils et elles s’en emparent ?

5ème intervenant : il faut se servir de ces propositions, et aller les réécrire chacun·e avec ses mots sur Internet, sur le site du grand débat : plus on le fait, plus on subvertit le débat.

6ème intervenant : dans les propositions du parti, il y a des éléments forts, indispensables, qui répondent à la crise qu’il y a dans notre pays et le monde entier : prendre le pouvoir sur l’argent, la création des richesses, pas seulement leur distribution mais vraiment leur création, lutter contre le pouvoir des grands actionnaires. C’est ça la vraie démocratie : des pouvoirs pour les salarié·es dans les entreprises et les services, des pouvoirs pour les habitants dans toutes les localités. Droit de suivi et d’interpellation dans tout ce qui est fait. Toute la société est tordue par les exigences des actionnaires, par des voies qui semblent nous échapper. Question : est-ce qu’on peut prendre le pouvoir sur la finance ? Ses logiques s’exercent partout, détériorent les conditions de travail et font mal aux travailleur·euses, mais c’est dur de se dire qu’on peut prendre la main dessus. Il faut porter ces propositions pour s’en donner les moyens.

7ème intervenant : depuis 20 ans, aucune victoire sociale. Le mouvement des gilets jaunes a permis à beaucoup de relever la tête et de penser qu’on peut gagner. Le prélèvement à la source des multinationales : très important, car il y a des multinationales qui paient moins d’impôts que des PME ! Et il ne faut pas qu’interpeller l’Etat, il faut interpeller les employeurs sur leurs responsabilités : les salaires sont trop faibles, c’est pour cela que des gens sont dans la précarité. Il faut mettre en lien les salaires et la productivité des salarié·es : en France, notre productivité est très forte, grâce au niveau de nos services publics. Quand la productivité augmente, on ne nous propose pas d’augmenter les salaires : ça ne va pas. Il faut attaquer cette idée du coût du travail : ce n’est pas à cause du coût du travail que des entreprises ont des difficultés. Et l’Etat : c’est à cause de l’emprunt d’argent sur les marchés financiers qu’il y a des problèmes budgétaires, car il faut rembourser des intérêts. C’est, ça aussi le coût du capital.

– Il faut demander des augmentations du SMIC brut. Pas des baisses de cotisations sociales qui sont des baisses de salaire, pas des augmentations limitées de la prime d’activité (qui est financée par le contribuable).

– Il faut conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères écologiques et de démocratie. Démocratie d’entreprise : est importante. On passe un temps énorme au travail et on n’y a pas de pouvoir.

– Il faut imposer un prélèvement à la source des actionnaires.

8ème intervenant : quand on parle de pôle public bancaire, son objectif doit être de financer d’abord le service public. Et notamment développement d’un service public du logement : il faut répondre au droit au logement pour tous et partout. Dans les années 1970 existait la DATAR, qui avait pour mission un aménagement du territoire homogène, au service des habitant·es et des collectivités territoriales. Cette structure démontrait la capacité de la sphère publique à faire plier les intérêts économiques dans l’intérêt des gens. Il s’agissait d’un service au service du service public comme par exemple les DDE qui apportaient leur expertise en urbanisme aux communes. Aujourd’hui, on « externalise », on donne de l’argent public au privé pour construire des projets publics dans une logique libérale.

– La commune, les collectivités sont des services publics : ils sont tous des moyens de développer la prise de parole des personnels et des usagers. Tous les services publics sont des outils de démocratie, même si l’expérience que l’on a de certains ne va pas dans ce sens. Il faut des services publics modernisés et moteurs de démocratie. Nous devons aussi inverser la logique qui dit aujourd’hui qu’il ne peut y avoir service public que si la sphère privée ne peut pas le faire et redonner priorité aux services publics dans l’utilisation des moyens publics.

9ème intervenant : la CDC vient de construire un agglomérat financier privé.

– Le projet de Macron : détruire les services publics, exploitation de la société et recentralisation.

10ème intervenant : en 1981 à l’Université Paris 1, fait la queue pour son DEA en planification de l’économie publique. A ce moment-là, le commissariat général au plan venait d’être supprimé par Rocard. Ensuite, cela a été renommé “planification interne des entreprises”.

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