«Beau quartier ARAGON» : Hôtels et logements de luxe inadaptés aux villejuifois

Dans un article récent du journal Le Parisien évoquant les futures constructions le long de la départementale 7, le nouveau promoteur choisi par le maire éclaire les intentions de la municipalité : «ce n’est pas pour les bobos (sic), c’est pour une population plus haut de gamme ». Il vise ainsi une population venue de Neuilly ou d’ailleurs mais certainement pas les Villejuifois.
Ce projet s’adresse à une clientèle très aisée, utilisant pour élever les prix à l’achat, les investissements publics et le tissu d’équipements publics de qualité – métro, tram, théâtre, piscine, conservatoire, médiathèque, CMS,…- construits au fil des dernières décennies. La proximité de la gare au carrefour de deux lignes de métro doit privilégier dans ce quartier la construction de logements accessibles à tous les salariés. C’est le sens du projet de loi présenté par Christian Favier, sénateur communiste du Val-de-Marne.
Plus grave, alors que des milliers de demandeurs de logements sont en attente à Villejuif, le Maire fait le choix violent et insultant de leur “fermer la porte au nez”. Exclus les jeunes villejuifois en quête d’un logement autonome, exclus les classes moyennes, les personnels des hôpitaux, les employés et les ouvriers, les professeurs des écoles, les retraités aux faibles ressources, en fait toutes les familles modestes et moyennes.
Au regard de leurs ressources, 80% des villejuifois sont pourtant éligibles au logement social. C’est à peu de choses près, le même pourcentage en France. Alors que les politiques d’austérité diminuent encore le pouvoir d’achat du plus grand nombre et creusent les inégalités, les choix politiques municipaux sont de livrer la commune aux grands groupes  afin qu’ils y effectuent de juteuses opérations immobilières. Cela avait déjà été dit par son ancienne adjointe à l’urbanisme : les Villejuifois en attente d’un logement n’ont qu’à aller vivre ailleurs.
Par ce projet, M. Le Bohellec confirme ici qu’il ne défend pas l’intérêt des Villejuifois en ignorant leurs besoins dans les domaines qui sont de sa compétence. Il privilégie les intérêts d’une clientèle aisée, venue de l’extérieur et des grands groupes de l’immobilier (Bouygues et autres promoteurs de l’affairiste Serge Dassault) et sans doute une intention politique pour tenter d’installer une présence politique de la droite dans la ville.
Elu à la région, il confirme en votant la suppression des aides pour la construction de logements sociaux aux communes en comptant plus de 30%, donc Villejuif…
En 2014, le maire s’était engagé contre le « bétonnage » sans doute associé dans son esprit à la construction de logements sociaux. Il se réclame aujourd’hui comme un « bâtisseur », terme plus noble associé au logement qui coûte cher et qui exclut.
Un « beau quartier », dit la publicité. « Beau » doit-il être entendu comme synonyme de riche, de propre… Quel projet politique se cache derrière cette appellation ?
La qualité environnementale n’est pourtant pas au rendez-vous avec le projet Aragon. C’était pourtant un des arguments de campagne de la nouvelle majorité. C’est clair, les «bâtisseurs» n’ont pas le monopole de l’esthétique architecturale. Les dernières réalisations de logements sociaux les dépassent aisément en qualité, moins formatées, plus audacieuses et accueillantes. Dans ce projet de «Beau qaurtier », les espaces verts seront inaccessibles aux riverains. Des commerces «adaptés» sont prévus, seront-ils accessibles aux Villejuifois ? Chez ces gens-là, on ne se mélange pas ?
Alors, le « Beau quartier », ne serait-ce pas plutôt une référence à la classe auquel il s’adresse ? Un clin d’œil aux «Beaux quartiers» d’Aragon où le poète développait les rapports entre la pègre, le monde de la finance et de la politique ?

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