[CONSEIL MUNICIPAL BUDGET] INTERVENTION DE FRANCK PERILLAT-BOTONNET

Comme les années précédentes, la préparation du budget 2018 se fait dans un contexte d’aggravation des politiques nationales d’austérité, dans le droit-fil idéologiques des choix défendus par les anciens gouvernements.
Des dizaines de milliards d’euros sont distribués aux entreprises en exonérations de cotisations sociales sans contrepartie sur l’emploi et les salaires, mais avec pour conséquence l’enrichissement des actionnaires et la hausse des dividendes. L’impôt sur la fortune est diminué. Le titre honorifique de président des riches vient donc d’être décerné à Emmanuel Macron. 
Pour enrichir les entreprises et répondre aux critères d’austérité de Bruxelles, les collectivités ont déjà été contraintes à la baisse de leurs dotations de 2013 à 2017 pour un montant cumulé de 27 milliards €. 
Pour les mêmes raisons, un vaste programme d’économie, de 13 milliards de 2018 à 2022, est programmé par le président pour 500 collectivités dont Villejuif. Pour rappel, ces 500 collectivités sont les régions, les départements et les villes de plus de 50 000 habitants sans distinction de richesse. 
Cette politique d’austérité continue de sacrifier les services publics et les collectivités locales. L’argent public ne sert toujours pas l’intérêt général, mais est détourné vers les caisses des plus grosses entreprises, celles du CAC 40 qui ont vu leur bénéfice et les dividendes versés aux actionnaires explosé en 2017
Car de l’argent, quoi qu’en disent certains, il n’en manque pas dans notre pays, 6e puissance économique mondiale.
Avec les milliards d’euros distribués au Medef, on aurait pu maintenir les dotations aux collectivités et créer plusieurs centaines de milliers de postes de fonctionnaires. Entre autres, mais pas simplement, dans la lutte contre les fraudes et les évasions fiscales, puisque nous savons qu’en Europe, ce sont 1.000 milliards d’euros qui partent, chaque année, dans les paradis fiscaux, 70 milliards rien que pour notre pays, soit, plus que le déficit budgétaire annuel de la France.

Comme je l’ai déjà dit, Villejuif fera partie des 500 collectivités qui vont devoir résorber les déficits de l’Etat. Les dotations, mais, également notre capacité d’investissement seront donc particulièrement contraintes pour notre ville. Les choix à faire seront donc très difficiles. 
Voilà pourquoi, je trouve qu’il est très grave que vous nous fournissez un tel document pour le débat d’orientation budgétaire. Il n’y a quasiment rien dans ce document, même pas le minimum légal. Vous ne voudriez pas discuter de vos orientations budgétaires que vous ne vous y prendriez pas autrement. Mais peut-être avez-vous, Mr le maire, des décisions inavouables à nous cacher et à cacher à la population ?Quelle est votre politique d’investissement ?

Quelle part réserver au fonctionnement, c’est-à-dire au personnel et aux services à la population ?
Puisque la sécurité est, une de vos 3 priorités, sur laquelle vous êtes en échec, allez-vous cette année installer la vidéo-surveillance, mettre en place une brigade de nuit, renforcer la police municipale, lui fournir des armes ?
Puisque la propreté est une autre priorité, allez-vous acheter de nouvelles machines, mettre en place de nouvelles équipes pour nettoyer les quartiers périphériques laissés à l’abandon ?

Et malgré que l’éducation, l’enfance, la jeunesse ne sont pas parmi vos priorités, vous avez des obligations. Combien allez-vous mettre pour construire l’école des réservoirs cette année ? Quelles conséquences auront, sur le budget 2018 le changement des rythmes scolaires ? Quel est le programme de constructions et de locaux scolaires sur les prochaines années pour répondre à l’explosion démographique du fait de votre frénésie de construction et de bétonnage de la ville ? Quels équipements sportifs, quels équipements publics sont programmés pour répondre à l’afflux de cette nouvelle population ?

Et puisque vous ne nous dites rien, vous allez peut-être nous faire la surprise d’installer en cachette, un buste de Karl Marx devant l’école portant son nom pour fêter le bicentenaire de sa naissance le 5 mai 1918 et par la même réaliser les travaux de rénovation nécessaire à la pérennité de la maternelle Karl Marx ?

En fait, nous ne saurons rien du volume d’investissement prévus en 2018, ni les prochaines années comme la loi vous en donne pourtant obligation. Ce que nous appelons la programmation pluriannuelle des investissements.
Comme nous ne savons rien du volume d’investissement, nous ne saurons rien des choix que vous ferez pour les financer. 
Combien allez-vous emprunter ? Quel est votre objectif d’endettement à la fin de l’exercice budgétaire et à la fin de votre mandat ? Nous n’en saurons rien. C’est pourtant une obligation légale.
Combien de bien allez-vous vendre pour financer les investissements ? Allez-vous vendre la bourse du travail ou le pavillon de la croix rouge française ? 

Allez-vous continuer à vendre à des promoteurs privés des terrains nus portés par le SAF94, donc payer par les Villejuifois ? Promoteurs privés qui spéculent et bétonnent la ville avec votre complicité, alors que ces terrains étaient initialement prévus pour répondre aux besoins des Villejuifois en logement accessible et en service public.

À moins, que pour financer les investissements, vous décidiez de faire appel à l’autofinancement, c’est-à-dire à nos fonds propres. Cela aurait pour conséquence de réduire drastiquement le budget de fonctionnement des services et du personnel alors que ceux-ci ont déjà été bien mis à mal depuis le début du mandat. Quels services vont être encore réduit ? Combien de postes supprimés ou gelés ?
De tout cela, nous ne savons rien. 

Alors comme nous ne savons rien sur le budget de fonctionnement, rien sur le budget d’investissement, rien sur son financement, rien sur l’emprunt, rien sur la vente de notre patrimoine, rien sur les prospectives d’endettement comment voulez-vous que nous confrontions nos points de vue sur vos orientations budgétaires ?

Donc, comme vous ne voulez pas mettre en débat vos choix politiques, nous, groupes front de gauche, communistes, citoyen considérons que nous n’avons pas eu de débat d’orientation budgétaire et nous voterons contre le dont acte. 

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