Discours de Pierre Garzon lors des voeux 2018 des communistes de Villejuif

Mesdames, Messieurs,

Cher-es ami-es, Chers Camarades,

Chers Amis militants du mouvement associatif, culturel, sportif et politique,

 

Chère Flore, conseillère départementale et Franck Périllat, Président du groupe communiste, citoyens et front de gauche

Cher Ozer Oztorun, notre coordinateur de section,

 

En ces temps si incertains, si troublés, nos souhaits de bonheur, de santé et de paix pour l’année nouvelle ne peuvent qu’être accompagnés de vœux combatifs et fraternels.

En effet, si le bonheur reste une idée neuve, elle s’évanouit vite lorsqu’elle est éprouvée au cœur d’un océan de malheur où une infime minorité conditionne la vie des autres.

Je ne ferai pas mienne l’expression “à quelque chose malheur est bon ”, car je n’y crois pas une seconde. Le chaos et la misère, la violence et l’abandon de l’Humanité n’ont jamais fait œuvre utile dans l’histoire des hommes et des femmes.

Il nous faut donc regarder en ce début d’année ce qui fait sens pour le progrès que nous voulons stimuler et ce qui fait sens pour le recul que nous combattons.

Nier le fort mouvement de reflux des idées et combats progressistes n’aurait aucun sens. Mais refuser de voir que germent des luttes nouvelles porteuses d’émancipation non plus.

Un mouvement mondial des femmes inédit se lève. L’aspiration à la justice sociale et écologique contre les paradis fiscaux et l’enfer d’une planète qui se consume grandit. La solidarité et l’hospitalité avec les migrants malgré des gouvernements égoïstes sont là. Le refus des guerres et des tensions alors qu’un peu partout retentissant, le bruit des canons se fait entendre. Des expériences nouvelles pour des projets sociaux, coopératifs, écologiques, alternatifs, portés par des salariés, ouvriers, cadres, ingénieurs, chercheurs comme par des paysans, des jeunes nourris d’audace et d’inventivité se multiplie.

Oui, l’aspiration à « autre chose », à inventer la société et le monde de demain est bien réelle, mais aussi, disons le, pas encore assez puissante. Elle stimule l’ambition des communistes de travailler à un au-delà du capitalisme.

Qui peut en effet accepter ou justifier que les plus riches de la planète viennent d’engranger mille milliards de dollars supplémentaires quand galope les inégalités, que se répand la pauvreté et que le chômage est une plaie béante au front de notre société ?

Une large unité de l’immense majorité de celles et ceux qui subissent ce système peut être possible. C’est le vœu des communistes, mais cette unité ne peut se dispenser d’une recherche de contenus émancipateurs nouveaux permettant de briser la logique mortifère de l’argent pour l’argent.

Elle est d’autant plus indispensable que dans les semaines à venir les travailleurs, les privés d’emploi, les retraités, les collectivités locales vont commencer à subir les effets des premières décisions désastreuses du pouvoir macronien.

Le jeu cynique du président de la République, cherchant l’unité nationale derrière les puissances d’argent qui compose son gouvernement de millionnaires peut être mis en échec.

Contrairement au discours de Macron, les salariés doivent avoir d’autres préoccupations le matin en se levant que de savoir à quelle sauce ils vont servir les conseils d’administration du CAC40 en croyant servir la nation !

Macron compte sur une vie politique anémiée, un débat public sclérosé, une gauche divisée, des syndicats affaiblis pour avoir les coudées franches afin de s’attaquer au salaire minimum, ouvrir la chasse aux chômeurs, brader à nouveau les actifs publics, laisser pourrir la situation à l’hôpital ou dans les transports publics pour les offrir au privé, présenter une loi scélérate sur l’immigration, renforcer l’Europe de l’argent et provoquer une révision constitutionnelle qui vise à réduire le périmètre d’une démocratie déjà bien malade.

Tout dans les décisions prises par celui qui se fait appeler Jupiter raisonne du combat que nous appelons combat de classe. Il n’y a donc pas une communauté d’intérêts entre un président et nous-mêmes qu’ils considèrent comme ses ouailles, pas plus qu’il n’y a de communauté d’intérêts entre sa politique et la nation. Il n’y a donc pas une communauté d’intérêts entre un président et nous-mêmes qu’ils considèrent comme ses ouailles, pas plus qu’il n’y a de communauté d’intérêts entre sa politique et la nation.

Face à cela, nous pouvons compter sur notre nombre, notre aspiration démocratique et notre soif de justice. Non tout cela n’est que comptine racontée pour endormir les véritables communautés d’intérêt qui s’affrontent entre ceux qui possèdent le pouvoir de l’argent et de production et ceux qui détiennent le droit de se vendre comme salariés et que nous représentons.

C’est ce à quoi nous sommes confrontés nationalement et c’est ce à quoi nous sommes confrontés à Villejuif et en Val-de-Marne.

L’Elysée et Bercy ont laissé le soin à la presse d’annoncer plus clairement encore leur volonté de supprimer les départements de petite couronne – le 92, le 93 et le 94 – dans un premier temps et de grande couronne dans un second. La méthode est aussi violente que l’objectif.

À ce jour, les présidents des trois conseils départementaux n’ont jamais été consultés et encore moins la population.

Or personne, je dis bien personne, n’est aujourd’hui en capacité de démontrer quels seraient précisément les impacts d’un démantèlement des départements et surtout quels en seraient les bénéfices pour les populations…

De même personne n’est en capacité de prendre l’engagement ferme de maintenir ce que le département du Val-de-Marne garantit aujourd’hui à ses habitants. Qui peut croire que les politiques innovantes et uniques en île-de-France comme l’ordinateur pour tous les collégiens ordival, 16 parcs classés en site naturel sensible, la carte Améthyste pour tous les retraités, la carte Imagin’R remboursées à toutes les familles, sans condition de ressources, l’aide à la demi-pension pour les collégiens, les 76 crèches départementales et bien d’autres actions encore seraient maintenues ?

Personne, car le véritable but n’est pas celui de simplifier les choses par l’unification par le haut des politiques les meilleures pour les habitants mais de simplifier les choses en alignant tout par le bas. Pour réaliser des économies, seule la suppression de services utiles aux populations est recherchée.

Nous ne laisserons pas faire et avec les 76% de val-de-marnais attachés à leur département nous continuerons de nous mobiliser.

Les actions concrètes et solidaires, des élus de terrain toujours à votre écoute et dans l’action ça compte et beaucoup d’entre vous le savent ici. Des élus de terrain qui tiennent leurs engagements ça aussi ça compte !

Il y a un mois de cela et après deux années de travail acharné, la majorité de gauche du département à voter la mise en place de 500 places supplémentaires en crèches départementales portant leur nombre à 5 000 et le gain de la carte améthyste pour les retraités imposables. Voilà une sacrée démonstration de l’apport des élus communistes et de leur capacité à créer les rassemblements indispensables pour obtenir des majorités d’idées et d’actions.

C’est le défi qui nous attend à Villejuif et c’est la responsabilité que m’ont confiée les communistes en me demandant de construire les débats et les conditions d’un rassemblement pour chasser la droite de la ville, empêcher les divisions qui conduiraient une nouvelle fois les macronistes à prendre la main comme ils l’ont fait aux législatives et redonner à Villejuif son souffle solidaire, innovant, protecteur et généreux.

C’est avec esprit de responsabilité, humilité et honneur que j’ai accepté de porter cette responsabilité. Mais si le terme de chef de file est celui qui consacre le rôle qui est le mien, il illustre mal le fait que, sans une ambition collective partagée, rien ne saura possible.

C’est le sens de la décision des communistes : construire dès le mois de janvier et pour les mois à venir, les conditions d’un changement face à une droite ravageuse !

Construire les conditions d’une mobilisation des Villejuifois, de tous les Villejuifois attachés aux valeurs progressistes, aux politiques écologistes, aux principes laïques, démocratiques et républicains.

Dans ce combat qui se poursuit après trois années de résistance aux mauvais coups et au travail acharné des militants de gauche et syndicalistes, je tiens à saluer le travail des dix conseillers municipaux d’opposition qui, sur chaque sujet, ont toujours cherché à faire entendre avec leur singularité une unité de l’opposition de gauche.

C’est vrai du débat budgétaire, du plan local d’urbanisme ou plutôt devrais, je l’appeler – puisque c’est la mode – du « Black Friday » permanent pour les spéculateurs sur villejuif ! Non, Villejuif n’est pas à vendre.

C’est vrai en ce moment même du combat pour mettre sous la protection des citoyens leur bourse du travail.

Mais la tâche est plus lourde encore, mais combien possible et généreuse, il nous faut réconcilier Villejuif avec les Villejuifois.

Face à l’œuvre de division de la droite et des opportunistes qui ont décrédibiliser le sens de l’action communale.

Face aux détricotages des politiques publiques municipales héritées de décennies de gestion communiste et progressiste.

Face aux coups fourrés, tordus, véreux, dispendieux, de cette majorité, les Villejuifois ont besoin de se retrouver.

Ils me le disent à chacune de mes permanences, de mes rencontres de terrain, de mes réunions de travail avec les agents de la ville, du département qui sont aux avant-postes de la gestion des conséquences des choix de cette union citoyenne devenue désunion pathétique.

Nous aurons la tâche de réunir ces Villejuifois inquiets et déçus de voir leur ville leur échapper et qui chassera demain leurs enfants qui n’auront pas les moyens de vivre là où ont grandi.

Nous aurons la tâche de réparer, reconstruire, innover pour atténuer l’apport désastreux de ces années dominées par le déni de démocratie, l’explosion du prix du mètre carré, la désagrégation du service public municipal, la mise à mal du vivre ensemble.

Nous aurons la tâche de redonner de l’espoir à notre ville, à sa démocratie locale par l’écoute attentive des besoins et des critiques des Villejuifois. La seule reconquête que je m’autorise : c’est celle de la confiance et de l’espérance des Villejuifois.

Nous aurons à le faire dans la diversité des sensibilités, des approches mais avec la volonté de farouche de travailler au rassemblement de citoyens et de forces dans le seul intérêt des Villejuifois. L’intérêt communal est un dénominateur commun puissant pour rassembler les progressistes et les humanistes de cette ville. C’est celle de la confiance et de l’espérance des Villejuifois.

Nous le ferons en nous appuyant sur chacun d’entre vous, sans renier ce qu’il est et son engagement propre, sans ignorer non plus ce qu’il contribue à faire pour Villejuif, pour la solidarité locale, nationale et internationale, pour la défense des femmes et des hommes qui travaillent, qui étudient, qui recherchent un emploi ou sont à la retraite, pour redonner à Villejuif ses lettres de noblesse à sa devise : “tout cède à notre union”.

À toutes et tous, les communistes vous souhaitent encore une fois nos vœux, nos meilleurs vœux de santé, de paix, de bonheur et de justice.

 

Discours prononcé le 13 janvier 2018, 

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