LA FIN DES SERVICES PUBLICS TERRITORIAUX ?

Ces dernières années, l’État a transféré aux collectivités locales un grand nombre de ses compétences. Les dotations versées pour les compenser n’ont fait que diminuer. Entre 2015 et 2017 : onze milliards d’euros ont été ainsi soustraits arbitrairement et brutalement à l’ensemble des collectivités.

Beaucoup de maires, contraints par la loi d’équilibrer leur budget, ont dû procéder à des choix cornéliens. Aujourd’hui, le président de la République exige des élus locaux qu’ils réalisent encore, dans les cinq années à venir, 13 nouveaux milliards d’euros d’économies, sous forme d’un contrat pervers où ils s’engageraient à réduire d’eux-mêmes leurs dépenses. Ces annonces condamnent nos collectivités locales à une mort par asphyxie budgétaire.

Moins de dépenses de fonctionnement, c’est moins de services publics pour la population, moins de subventions pour les associations. Les maires de gauche qui ont beaucoup oeuvré pour apporter des réponses aux besoins des habitants dans différents domaines, comme la santé, la culture, la solidarité et le lien social, l’éducation et le sport voient tout cela partir en fumée.

Certains estiment que : « pour supprimer les communes, on ne s’y prendrait pas autrement ». La gravité de cette attaque contre les communes exige que les élus, les agents et les habitants, à l’image du département du Val-de-Marne, s’unissent pour refuser la baisse des dotations, les mesures terribles contre le service public et le mouvement HLM, pour ne pas endosser la responsabilité de cette cure d’austérité.

Ce ne sera, hélas, pas le cas à Villejuif parce que notre maire fait les mêmes choix que le gouvernement. Il veut gérer la commune de la même façon qu’une entreprise, dans une logique de rentabilité.

Ainsi, il soumet les Villejuifois à une double peine. Il fait le choix de la spéculation immobilière contre les milliers de demandeurs de logement, de la fracture sociale contre le tissage de liens humains, de toujours moins de personnel, donc de services publics, de réduire le financement de la culture et l’éducation pour tous.

Rien à attendre non plus du côté de la Députée macroniste Albane Gaillot, qui défend avec zèle toutes les mesures gouvernementales.

Nous le disons depuis longtemps et beaucoup le reconnaissent maintenant, ce n’est pas l’argent qui manque dans notre pays, c’est son utilisation qui est injuste et inefficace, parce qu’elle n’est pas conditionnée à l’investissement pour le développement humain et économique.

La commune qui est le creuset démocratique de notre République est mise en danger, la disparition des services publics locaux menace la cohésion nationale. Là où ils sont majoritaires, les élus communistes se battent et refusent toute mise sous tutelle de l’Etat. Avec les militants du PCF, ils portent une idée toujours neuve : donner à nos communes une ambition, celle de la justice sociale.

One thought on “LA FIN DES SERVICES PUBLICS TERRITORIAUX ?

  1. Merci de cet article, d’utilité publique pour le coup !

    La baisse des dotations, alliée au gel du point d’indice des fonctionnaires, est un outil de destruction massive des services publics. Si on ne doit parler que des mairies (et laisser de côté des bagatelles comme les profs, les hôpitaux, la police, la protection de l’enfance, etc…) on parle bien de l’entretien des rues, des écoles primaires et maternelles, des crèches, de la culture de proximité, des activités sportives, de la vie associative, etc…

    Mais n’oublions pas qu’à cette baisse des dotations s’ajoute la mise en place de la métropole, qui se fait aux frais des collectivités territoriales qui sont supposées transférer leur compétence (et leurs ressources) à cette nouvelle entité administrative… Malheureusement pour l’usager, les centres de décision de cette métropole sont plus éloignés de lui que ne l’étaient ceux des communes ou du département… Dommage qu’aucun citoyen n’ait été consulté au sujet de ce hold up territorial… On aurait pu espérer un référendum local pour la Métropole Grand Paris, mais non. Y a pas eu.

    A terme, c’est effectivement le principe constitutionnel d’unité territoriale (les français doivent tous avoir accès à la même qualité de services sur tout le territoire) qui est mis à mal…

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