L’espoir à portée de main

A quelques jours de l’élection présidentielle, rencontre avec Catherine Dos Santos et Benjamin Amar, candidats communistes aux législatives de la 11e circonscription du Val de Marne.
Ils reviennent sur la campagne et ses enjeux.

 

Depuis plusieurs semaines, vous allez à la rencontre des habitants dans le cadre des élections, vous avez eu beaucoup de discussions, quel est votre ressenti ?
Catherine Dos Santos | Les communistes sont présents sur le terrain durant toute l’année. Mais il est vrai que la campagne présidentielle est un moment particulier où l’exposition aux enjeux politiques est très forte. Les réflexions sont très contrastées. Il y a clairement une dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Melenchon mais également de l’hésitation. Le quinquennat a engendré beaucoup de frustrations et de colère.
Benjamin Amar | La loi El Khomri, les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, la casse du service public … tous ces choix politiques ont marqué les esprits car ils ont un impact fort sur nos vies. C’est donc bien que la politique et les élections peuvent changer les choses.
Face au danger du FN, Le vote Macron apparait pour beaucoup d’électeurs de gauche comme le meilleur rempart. Que répondez-vous à cet argument ?
Benjamin Amar | Voter Macron pour éviter Le Pen, c’est le plus mauvais des calculs. Le FN prospère sur les conséquences des politiques libérales (chômage, sentiment d’abandon, délocalisations…) et Macron est le meilleur représentant de ces politiques, il ne propose aucune rupture par rapport à la Présidence Hollande. Macron élu président, c’est la garantie d’un triomphe du FN dans les prochaines années.
Catherine Dos Santos | La démocratie souffre de ce comportement qui consiste à se rabattre sur celui qui apparaît comme le moins pire. Aujourd’hui, nous avons besoin du meilleur. Nous le méritons ! Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui porté par une dynamique populaire qui lui permet de prétendre au second tour. Face à Le Pen, il est même donné gagnant. Il incarne donc le vote utile, mais surtout le vote de conviction.
Quels que soient les résultats de la présidentielle, il reste à élire, en juin prochain, une majorité de députés qui se battront du côté du peuple et pas contre lui.
En quoi l’élection de votre binôme peut faire la différence avec les 15 dernières années du député sortant ?
Benjamin Amar | Le député socialiste sortant a voté l’intégralité des lois anti-sociales du tandem Hollande-Valls. Et son renoncement à briguer un nouveau mandat à deux mois des échéances électorales, prouve bien que ce bilan est difficile à assumer. Face à ses choix politiques inefficaces et injustes, les communistes ont toujours été mobilisés, dans la rue, comme dans les institutions. Or, je sais bien, en tant que syndicaliste, qu’un relais politique est indispensable au mouvement social. C’est le sens de notre candidature.

Catherine Dos Santos | L’année 2016 a été marquée par la force du mouvement contre la loi travail. Il faut lui donner une traduction à l’Assemblée Nationale. Parlons droits des salariés, d’emplois, de salaires, de retraites… Il est plus que temps de construire un projet émancipateur pour tous. Créer une nouvelle République plus démocratique et sociale, mettre l’économie au service des gens et non plus des actionnaires, engager la transition écologique… le chantier est d’ampleur, et nous aurons besoin d’être nombreux.
En marge de la campagne, on constate également le développement de nombreuses luttes dans les entreprises, mais aussi pour le maintien des services publics comme La Poste. Pourquoi ce mouvement peut il peser sur la campagne ?

Catherine Dos Santos | Comme nous l’avons dit, les élections ont un impact immense sur nos vies. Mais la véritable démocratie ne s’éteint pas au soir du second tour pour se rallumer dans 5 ans. Elle doit vivre, chaque jour, à travers nos engagements, qu’ils soient militants, associatifs, ou plus informels. Nous ne sommes jamais mieux défendus que par nous-mêmes. C’est le sens des campagnes menées par les communistes tout au long de l’année pour créer un rapport de force au service de la défense et de la conquête des intérêts de tous.

Benjamin Amar | Utilisation du 49-3, répression des manifestations, le dernier quinquennat a été marqué par une confiscation de la démocratie. L’objectif : diffuser l’idée que la politique n’est pas l’affaire du peuple, et que la population n’a rien à gagner à s’en mêler. Or les mobilisations collectives prouvent le contraire au quotidien : La victoire des travailleurs sans-papiers du Min de Rungis la semaine dernière, en est un exemple. Plus on se bat pour défendre nos droits, plus on gagne. C’est vrai au niveau local, dans les entreprises, et aussi pour les élections nationales ! « Celui qui se bat peut perdre mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu » écrivait Bertolt Brecht.

 

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