Montée du nationalisme ou le hold-up sur la colère des citoyens

En Europe comme aux Etats-Unis, on assiste à une inquiétante poussée des partis et mouvements nationalistes : Brexit, victoire de Trump, arrivée au pouvoir de partis nationalistes en Hongrie et en Pologne, implantation de forces similaires dans le paysage politique de nombreux pays européens, sans oublier deux partis néo-fascistes, Aube Dorée en Grèce et Jobbik en Hongrie.
Au-delà de leurs différences, toutes les forces de cette mouvance populiste de droite présentent des caractéristiques communes. Elles s’appuient sur le sentiment d’abandon des populations confrontées à la déchéance sociale provoquée par la politique austéritaire, et prétendent résoudre les problèmes sociaux par une politique fondée sur le repli identitaire et xénophobe, le rejet de l’Europe et un pouvoir autoritaire.
Dans la plupart des pays, les forces populistes ont réussi à imposer au centre du débat politique leurs thèmes de prédilection : haine des migrants et islamophobie, déchéance de nationalité et nationalisme culturel au nom d’une identité menacée par le multiculturalisme.
Si l’on examine de près leurs programmes et aussi leurs votes, par exemple au Parlement Européen, on s’aperçoit qu’en réalité ces partis populistes ne remettent nullement en cause l’ordre capitaliste et le modèle libéral de l’économie qui sont à la source des politiques d’austérité et des ravages sociaux qui s’ensuivent. Ils ne s’attaquent nullement aux racines de l’injustice sociale, ils ne font que détourner la colère des citoyens en développant des idées d’exclusion qui créent de nouvelles injustices et opposent les gens entre eux ; ils se prononcent pour un Etat autoritaire qui pourrait tout à fait servir les intérêts des classes possédantes pour renforcer leur domination.
Le populisme et le nationalisme sont des dangers mortels pour la démocratie, on commence à le voir aux Etats-Unis, en Pologne et en Hongrie, mais aussi dans les municipalités FN en France. Pour les combattre, il faut désigner les véritables responsables de la crise profonde de notre société et donner un contenu résolument progressiste aux notions de liberté, d’égalité et de fraternité : la transformation de la société doit s’appuyer sur le partage du travail et des richesses, la mise en commun des savoirs et des technologies, mais aussi des imaginaires et des cultures. A cette fin, il faut promouvoir une démocratie résolument citoyenne, une République et une laïcité refusant tous les racismes.  En France, en Europe et dans le monde.

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