Villejuif, ville endormie ?

Dans son éditorial du guide pratique distribué à tous les villejuifois, Monsieur Le Bohellec écrit « Alors que notre ville s’était endormie pendant des décennies, se renfermant sur elle-même et renonçant à tout esprit d’initiative, Villejuif retrouve aujourd’hui tout sa vitalité… ». De deux choses l’une, soit le Maire n’habitait pas Villejuif avant son élection en 2014, soit il fait partie de la pire espèce de ces politiciens qui s’attribuent sans vergogne le travail et les mérites des autres.
Dans un élan de générosité je vais opter pour la première option et donc lui rappeler (ou lui apprendre) un certain nombre d’éléments qui ont fait le Villejuif d’aujourd’hui et engagé sa dynamique de développement. Sans remonter au prolongement de la ligne 7, rappelons que le tramway a été inauguré en 2013, grâce à l’engagement de l’ancienne municipalité, du département et après de nombreuses actions auxquelles n’ont jamais participé Monsieur Le Bohellec, ni aucun membre de sa majorité. De même, la création de la ligne 15 et le prolongement de la ligne 14, sont le résultat de l’action du département qui a œuvré dans le cadre de l’association Orbival, créée en 2006, pour que ces projets de métros se réalisent en priorité dans le Val de Marne et que notre ville soit desservie par deux nouvelles stations.

De la même manière l’implantation, en 2010, du siège du Crédit Lyonnais s’est faite dans le cadre d’une opération d’aménagement lancée par Pierre-Yves Cosnier et ce malgré l’opposition farouche d’une partie de la majorité hétéroclite qui a porté Monsieur Le Bohellec à la Mairie. Les mêmes se sont opposés à Villejuif Bio Park, inauguré en 2011, qui accueille aujourd’hui des entreprises innovantes dans le domaine de la santé. Cette pépinière d’entreprises constitue le premier élément du vaste projet Cancer Campus qui a pour objectif de constituer un pôle d’excellences de recherche, formation et d’industrie dans la lutte contre le cancer. L’association, qui porte ce projet initié par le département, la CCI du Val de Marne et IGR, dont j’ai été le premier président, a été créée en 2006 donc bien avant l’arrivée de Monsieur Le Bohellec aux affaires.

Alors, au bout du compte que reste-t-il des quatre années de pouvoir de Monsieur Le Bohellec ? Une sanisette installée en centre-ville, des tarifs de stationnement parmi les plus élevés du Val de Marne et surtout une multitude d’opérations immobilières privées qui grignotent petit à petit nos quartiers pavillonnaires et qui risquent de transformer notre commune en arrondissement parisien inaccessible au plus grand nombre d’enfants de notre ville.
Villejuif connait une dynamique qui a été engagée bien avant l’arrivée de cette nouvelle municipalité. L’enjeu d’aujourd’hui est de créer les conditions pour que ce développement profite à tous les villejuifois en terme d’accès à l’emploi, au logement, aux services publics et qu’il se fasse dans le cadre d’une ville équilibrée qui préserve les quartiers pavillonnaires et les espaces verts. Pour ma part je suis loin d’être convaincu que cette municipalité soit à la hauteur de ces nouveaux défis, car elle n’en a ni la volonté ni les compétences.

Laurent Garnier, Vice-président honoraire du Conseil Départemental du Val de Marne

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